NUTRITION, FERTILISATION

Les engrais starter de troisième générationMiniature-Mais-ensilage (2)

Le phosphate d’ammonium sert à stimuler la croissance des racines et rend l’agriculteur tributaire de ses 100 à 150Kg / ha. L’association bactérie / mycorhize est un nouveau concept plus performant et plus « économe » en fertilisants avec un effet starter et des effets nutritionnels précieux en fin de cycle.Les préoccupations environnementales ainsi que l’utilisation croissante de la fertilisation organique nous incitent à modifier complètement les pratiques.

Les engrais starter de 3 eme génération, suite

 Ce qui se fait aujourd’hui

La fertilisation localisée starter est exclusivement basée sur un fertilisant : le 18/46 ou phosphate d’ammonium. La localisation de phosphore stimule le système racinaire et ce n’est pas une action de nutrition qui explique l’efficacité des engrais starter. On localise de 100 à 150 kg /ha à environ 5 cm de la gaine. Le fertilisant étant souvent agressif vis à vis de la plantule, il doit être décalé et enfoui en dessous de la ligne de semis. Maïs émergence Implanté au printemps, le maïs peut végéter en début de cycle à cause des conditions climatiques. Or, pour que cette culture ait de bons rendements, il faut qu’elle profite au maximum des mois d’été et elle doit donc démarrer rapidement. L’objectif d’une technique « starter » est  de stimuler la croissance des plantes et en particulier des racines.   L’association de micro-organismes et des spores de champignons mycorhiziens pour un nouvel engrais starter. On utilise l’ultra localisation grâce à des microgranulateurs conçus pour appliquer les micro granulés phyto. Cela permet de placer 10 à 30 kg de produit par hectare avec : Une bactérie pour capter le phosphore du sol ! La bactérie Bacillus vit dans le sol proche de l’extrémité des racines (apex). Elle utilise des sucres produits par la plante, en contrepartie elle lui fait profiter de son extraordinaire capacité à solubiliser le phosphore du sol. Cette bactérie émet également des molécules qui stimulent la croissance des racines, pour son plus grand intérêt mais aussi pour celui de l’agriculteur ! Un champignon pour aller plus loin dans le sol. Les mycorhizes s’associent aux racines de maïs et en augmentent la capacité d’exploration du sol de façon significative. Ces champignons vont augmenter l’efficacité de la fertilisation mais surtout augmenter la capacité de la plante à s’alimenter en eau ! Cette nouvelle génération d’engrais starter associe donc des effets starter à des effets nutritionnels précieux en fin de cycle.Fertilisation localisée et ultra localisée Les mycorhizes sont une solution naturelle et simple qui n’est pas une fertilisation mais permet d’assurer une meilleure exploitation du sol par la plante et donc une plus grande efficacité des fertilisations. Un véritable starter physiologique et économique! Sans ajout de matière qui pourrait être lessivée.

Nutrition des plantes

granulés de fertilisants
Pour se développer, les cultures ont besoin d’eau, de lumière, de carbone, d’oxygène et d’éléments minéraux. L’air fournit l’oxygène et le gaz carbonique, source du carbone, que la plante fixe grâce à la photosynthèse. Le sol sert de réserve en eau et en éléments minéraux pour alimenter la plante, c’est un véritable bio-réacteur qui abrite un écosystème complexe. Le sol recycle les matières organiques en éléments minéraux pouvant être utilisés de nouveau par les plantes et fournir à l’agriculteur un bon rendement!
Revenons à la base : de quoi se nourrit une plante ?

Un exemple : Sur une parcelle, 1 m² de céréales nécessite pour son développement :

  • 660 g d’oxygène, 630 g de carbone, 90 g d’hydrogène +
  • 20 g d’azote (N), 8 g de phosphore (P2O5), 25g de potassium (K2O) +
  • 8 g de calcium (CaO), 6 g de soufre (SO3), 4 g de magnésium (MgO) +
  • Des oligo-éléments : 0,15 g de fer, 0,05 g de manganèse, 0,05 g de zinc +
  • 0,01 g de cuivre, 0,006 g de bore, 0,001 g de molybdène +
  • Quelques millions de bactéries et champignons, vers de terre, crustacés…

Les besoins de la plante évoluent au cours de sa vie. A chaque stade de son développement, elle doit trouver les éléments nécessaires, sous une forme assimilable dans la solution du sol (eau + éléments minéraux). Les fertilisants approvisionnent le sol (lien) en éléments nutritifs. Pour poursuivre en détails…

Quels sont les besoins des cultures ?

Le sol

Le sol est un milieu complexe qui comprend :

  • des matières organiques,
  • de l’humus,
  • des éléments fins et très réactifs (argiles),
  • des éléments grossiers siliceux ou calcaires,
  • des composés à base de fer, d’aluminium, de calcium
  • de l’eau et de l’air pour 50% de son volume.

En agriculture, le sol joue un rôle essentiel dans la nutrition des cultures car : il retient la solution du sol, il fixe certains éléments nutritifs et il abrite les micro-organismes qui contribueront à la transformation des éléments non assimilables en éléments directement assimilables par les plantes… Chaque sol est un biotope unique et a ses propres caractéristiques physiques, biologiques et chimiques. La disponibilité des éléments nutritifs en dépend.

L’azote (N) : bel indispensable

L’azote est un élément essentiel de la photosynthèse qui permet la transformation de la matière minérale en tissu végétal. L’azote est présent dans l’air mais les plantes, à l’exception des légumineuses (luzerne, trèfle, pois…), ne peuvent pas l’absorber sous forme gazeuse. Dans le sol, l’azote est sous forme organique ou minérale (ammonium NH4+, nitrate NO3-). L’azote organique (résidus des récoltes précédentes, engrais organiques…) doit être transformé par les micro-organismes présents dans le sol en nitrates pour être utilisable par les plantes ; c’est la minéralisation. Ce sont essentiellement les nitrates qui assurent la nutrition azotée des plantes. Le cycle de l’azote dépend des conditions climatiques et de la microbiologie du sol. Les nitrates sont peu retenus par le sol, il faut donc les apporter ou favoriser la minéralisation quand la plante est prête à les absorber afin d’éviter le lessivage vers les nappes phréatiques. L’azote est un facteur de croissance et un facteur de qualité qui influe sur le taux de protéines des végétaux.

Le phosphore (P) : vieillard prématuré !

Le phosphore est nécessaire à la croissance des plantes. Il est présent dans le sol sous la forme de phosphates : soit dissous dans l’eau, soit fixés sur les particules du sol, soit dans les minéraux ou encore sous forme organique. Au fur et à mesure que les racines prélèvent le phosphate dissous dans l’eau, les molécules fixées sont progressivement libérées. Le phosphore sous forme organique est lentement minéralisé. Mais ces échanges sont très lents. Le cycle du phosphore est très dépendant des caractéristiques physiques et chimiques du sol. Ce sont les cultures de pommes de terre, de légumes et de betteraves qui ont les plus grands besoins en phosphore. Bien souvent c’est la biodisponibilité à court terme qui est limitante dans un sol, le phosphore vieillissant très vite dans le sol. Les sols acides riches en fer et aluminium libre fixent le phosphore soluble très rapidement comme les sols riches en Calcium et/ou Magnésium.

Le potassium (K) : toujours prêt !

Le potassium joue un rôle primordial dans la formation et le stockage des sucres. Il aide également la plante à résister au froid, à la sécheresse et aux maladies. Le potassium de la solution du sol est retenu par l’humus ou l’argile ; celui contenu dans les minéraux ne sera libéré que très lentement. Comme pour le phosphore, le cycle du potassium est dépendant des caractéristiques physiques et chimiques du sol cependant il reste toujours bio disponible. Toutes les cultures n’ont pas les mêmes besoins en potassium : les pommes de terre, les légumes en général et les betteraves sont plus exigeants que les céréales par exemple. Généralement l’apport en potassium est réalisé avant la plantation.

Les autres éléments : Calcium, Magnésium, Soufre, oligo-éléments

Le calcium et le magnésium sont destinés essentiellement à améliorer la structure du sol, ils sont apportés sous forme d’amendements. Le soufre est nécessaire à la synthèse des protéines, il est apporté par certains engrais sous la forme de sulfates. Ce sont les crucifères (choux, colza…) et l’ail, l’oignon, le poireau qui ont les plus grands besoins en soufre. Il peut être amené sous d’autres formes moins oxydées faisant l’objet d’Autorisation de Mise en Marché comme Agrifix ou Secofit. Des propriétés agronomiques supplémentaires sont alors démontrées. Les oligo-éléments (cuivre, manganèse, zinc, bore, molybdène, fer…) participent à doses très faibles à la nutrition des plantes. Cependant une carence dans l’un de ces éléments peut provoquer un trouble de la végétation. Ces carences peuvent être provoquées soit par une teneur insuffisante soit par la non disponibilité de l’élément.

Le Soufre en pleine forme

soufre : corriger les carences en agricultureSO2, H2S, SO4, S2O2, ou encore S…Le soufre se présente sous de très nombreuses formes dans la nature ! Présent dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de soufre (SO2) et de sulfure d’hydrogène (H2S), dans l’eau de pluie et surtout sous forme organique dans les résidus de cultures et effluents animaux, ainsi que dans le sol. Dans le sol une partie du soufre se trouve également sous forme de sulfure S-, de soufre élémentaire S et de sulfate… Le soufre est partout. Nous faisons suite à notre 1er billet sur le soufre en agriculture.

Comment corriger une carence en soufre
Ah oui, on allait l’oublier : le soufre est indispensable à la synthèse des protéines! Les plantes en ont donc un besoin vital tout le long de leur cycle y compris pour constituer les réserves des graines ! Mais c’est sous sa forme ionique de sulfate (SO42-) que les plantes l’assimilent. Le cycle du soufre

Pour corriger une carence en soufre,

l’épandage d’engrais soufré libérant cette forme, « à effet immédiat », peut être privilégié. Les grandes cultures – colza, céréales à paille, betterave, pomme de terre mais aussi les légumineuses – répondent en effet « bien » à de tels apports. « Sulfate d’ammoniaque », « de potassium », « superphosphates », « solution azotée soufrée », ou encore « kiesérite », de nombreuses formes d’engrais soufrés sont actuellement disponibles sur le marché. Mais « Attention ! Complète le Cetiom, l’apport de soufre sous forme S est onéreux et a une action nutritionnelle directe faible ». En cas de déficience, Arvalis déconseille également l’application de soufre mouillable type « Thiovit », « un peu plus lent daction sur des carences avérées ». Le fumier ainsi que les autres amendements organiques sont une autre forme d’apport de soufre possible. Ce type d’engrais permet une assimilation plus lente du soufre. Selon l’origine animale, les fumiers peuvent contenir entre 1 et 3 kg/tonne de soufre, les effluents de volailles étant les plus riches en soufre (et en azote). Sur céréales, « Lapport de soufre reste inutile dans les parcelles recevant des apports réguliers de fumier depuis plus de 20 ans, sauf au printemps en cas dhiver très pluvieux dans les sols à risque élevé », conseille Arvalis. « n’est pas toujours présent en quantité suffisante pour les cultures très productives, prévient de son côté le département « fertilisation » du ministère de l’agriculture de l’Ontario (Canada). Toutefois, l’effet de l’apport de sources commerciales de soufre sur les cultures est moins marqué lorsque du fumier est épandu régulièrement ». Les formes SO4 sont très sensibles au lessivage, les pertes sont importantes lorsque la pluviométrie des mois de novembre à février est supérieure à 350 mm.

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