PRATIQUES CULTURALES

TCS : quels bénéfices la 1 ère année ?

Lorsque l’on passe en Technique Culturale Simplifiée (TCS) sur une parcelle labourée depuis longtemps, il faut laisser le « temps se faire » pour avoir un bénéfice. La vie du sol doit se réorganiser et la structure s’améliorer avec les micro-organismes et les vers de terre. La semelle de labour freine une partie des racines.

Lallemand Plant Care a participé avec Frédéric Thomas à une journée Technique à la Coopérative d’Herbauges. Olivier Cor (responsable agronome R&D de Lallemand Plant Care) nous montre un sol qui est passé en TCS l’année passée.

Strip-Till : le principe et un exemple dans une exploitation agricole

Stripp TillLe strip till, ou travail en bande, est une technique venue tout droit de l’Amérique du nord. Ce procédé principalement destiné aux cultures à fort espacement entre rangs
(maïs, tournesol, betteraves, colza…) consiste à préparer le sol uniquement sur la ligne de semis. Le strip till fait partie des TCS (techniques culturales simplifiées), le but de celui-ci étant de créer un lit de semences comparable à un travail conventionnel tout en conservant un maximum de résidus de la culture précédente en surface.

Voir les photos du strip till dans une exploitation

Strip Till : le principe

Strip tillAvantage

Cette technique a pour effet, comme d’autres TCS, d’éviter la dissolution de matière organique dans l’horizon travaillé (résidus en surface) et ainsi de préserver l’activité du sol (vers de terre, etc.), de diminuer l’érosion, et d’offrir une meilleure résistance hydrique. L’un des autres intérêts du strip till est de pouvoir proposer à l’agriculteur d’apporter de l’engrais ou du lisier en dessous de la zone d’implantation dans la ligne de semis. La réduction des charges (Gasoil et main d’oeuvre) par rapport au labour est également un point fort de cette solution puisque seulement ⅓ des zones sont travaillées ; l’agriculteur peut espérer des économies de gasoil de l’ordre de 50% par rapport à l’utilisation d’une charrue.

L’outil

Le strip tiller est généralement constitué d’un disque ouvreur suivi de chasse-débris et d’une dent réglable pour travailler à différentes profondeurs. Cette dent est encadrée par 2 disques déflecteurs émiettant et maintenant le flux de terre. L’appareil est terminé par une roue plombeuse permettant de ré-appuyer la terre en surface. Le besoin en traction de l’outil se situe en 20 et 25cv par dent (pour 8 rangs compter un tracteur d’environ 200cv). Pour un fonctionnement optimal, la vitesse de travail doit se situer entre 8 et 10 km/h

De plus en plus de marques proposent en France une solution Strip Till dans leur gamme, parmi lesquelles Sly, Duro, Kuhn, Actisol, Franquet et Guilbart. Tous ces constructeurs proposent des produits offrant de nombreuses options et divers réglages afin de s’adapter au mieux aux différents sols et cultures implantées.

L’utilisation

Le strip Tiller peut être utilisé en combiné avec le semoir ou bien en décomposé. Cependant la majorité des constructeurs encourage la 2ème solution car, pour une levée optimale, cette technique implique que le sol ait eu le temps de se réchauffer et de se ressuyer. L’utilisation du strip tiller est comparable à la charrue. C’est-à-dire qu’un passage en automne puis une reprise au printemps sont fortement conseillés dans les sols argileux. Pour les sols plus limoneux, un passage 15 à 20 jours avant le semis peut être suffisant. Le travail en bande permet d’éviter sur les zones non travaillées de remettre en germination les adventices. Néanmoins, les résidus en surface peuvent augmenter la pression des maladies fongiques.

Tableau comparatif :

strip-till comparatif consommation

Précisions sur le tableau comparatif :

Strip till, labour agro et labour sont trois outils/actions préparant le sol. Il y a des dizaines de types de charrues qui ont probablement des performances différentes, ce n’est qu’un ordre d’idée.

Pour le fissurateur, même remarque que sur les charrues : il y a probablement des variations, mais ce chiffre est plutôt faible et correspond certainement à une mauvaise utilisation du matériel sur sol trop humide. En sol sec, le travail sera bon mais le temps et la consommation seront plus élevés. Ce type de matériel est mis à titre de comparaison, car il ne permet pas de travailler le sol en vu d’un semis et doit être complété soit par un labour, un strip till, une herse rotative…

Pour le combiné semis, il y a semis. Or le semis n’est pas comptabilisé dans les autres systèmes, ce n’est là aussi qu’un point de repère.

Pour être précis, il manquerait le coût d’un semis seul afin de comparer les opérations de préparation + semis.

 Un exemple d’utilisation du strip-till

mais strip till

A Craonne, dans l’Aisne, à la ferme de la Renaissance, Thierry Ghewy cultive du colza, du maïs grain, de la betterave, du tournesol et de la luzerne. Les types de terre prédominants sur l’exploitation sont du sable, du limon battant et du limon calcaire.

Depuis 2001, il pratique les TCS (Techniques Culturales Simplifiées). Il a investi depuis l’année 2010 dans un Strip Till pour tous ses semis de petites graines (colza, betterave et maïs). Cela représente aujourd’hui la moitié des hectares semés sur son exploitation.

Son Strip Till est de construction française (DURO, Eure et Loire). Il le combine avec un semoir Monosem de façon à faire l’implantation de ses cultures en un seul passage. Il réalise 1 à 1,5 hectares de semis à l’heure et consomme environ 8 l/ha au printemps et 12 l/ha sur sol sec pour le chantier Colza.

Exemple Pratique Colza :

  • Déchaumage superficiel (2 cm) avec des bèches roulantes suite à la récolte du blé.
  • Semis sur déchaumage

La dent permet une très bonne qualité de levée en remontant de l’humidité. La combinaison avec le Monosem permet de placer très précisément la graine dans cette humidité.

 Exemple Pratique Betterave :

  • Destruction de l’interculture à l’automne avec les bêches roulantes.
  • Application d’un compost au printemps.
  • Incorporation du compost par un passage de bêches roulantes (ce qui permet aussi de réchauffer le sol superficiellement).
  • Semis en combiné permis par des terres peu argileuses et qui ressuis vite.

Il a bien voulu nous montrer ses cultures tout début juin. Et surtout sa combinaison Strip-Till/Monosem.

Racines de maïs

Le système racinaire du maïs le 2 juin 2014.

Strip till

Coutre circulaire qui découpe la végétation dans l’axe de la dent du Strip Till

Betterave strip till

Fissure de la dent qui a été passée dans des bonnes conditions

strip-till

Strip Till avec le chasse-débris qui travaille de façon plus ou moins agressive afin d’enlever les mottes et les résidus végétaux qui sont restés en surface. Vient ensuite une dent fine, de conception française (Duro), avec un soc Jallu (pointe carbure étroite).

Strip Till en vidéo

Strip tillA Craonne, dans l’Aisne, à la ferme de la Renaissance, Thierry Ghewy cultive du colza, du maïs grain, de la betterave, du tournesol et de la luzerne. Les types de terre prédominants sur l’exploitation sont du sable, du limon battant et du limon calcaire.

Depuis 2001, il pratique les TCS (Techniques Culturales Simplifiées). Il a investi depuis l’année 2010 dans un  Strip Till pour tous ses semis de petites graines (colza, betterave et maïs). Cela représente aujourd’hui la moitié des hectares semés sur son exploitation.

Voir la vidéo

Il a bien voulu nous montrer ses cultures tout début juin. Et surtout sa combinaison Strip-Till/Monosem.

Agriculture de conservation

Levée d'une Vigne dans un mulch de céréaleBien qu’existante depuis près d’un siècle, l’ « agriculture de conservation » ne gagne en popularité que depuis un peu plus d’une décennie. C’est en effet depuis que l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a donné une définition officielle à cette politique agricole qu’elle se vulgarise, notamment en France. Pour la FAO, cette pratique repose sur trois principes agronomiques simples :

  • La couverture maximale des sols
  • La diminution maximale du labour
  • La diversification des rotations
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Cependant, suivant les régions du monde et les exigences de production, l’importance de chacun des éléments de ce tripode peut varier. Aux Etats-Unis, par exemple, la principale motivation reste la protection des sols contre l’érosion éolienne et hydrique. L’agriculture de conservation a été évoquée pour la première fois sur ce continent dans les années 30, lorsque le pays souffrait de graves sécheresses suivies de fortes pluies soumettant les sols aux facteurs érosifs sans qu’ils aient de couverture végétale efficace. Cette même sécheresse a également conduit l’Australie à adopter l’agriculture de conservation. Le Brésil est passé à l’agriculture de conservation pour pallier aux risques d’érosion hydrique.

Même si certaines régions d’Afrique sont aussi touchées par les sécheresses ou l’érosion, le point principal de l’agriculture de conservation en Afrique est la diversification des rotations qui permet de maximiser et de diversifier les productions sur des surfaces agricoles utiles relativement petites.

L’Europe entre productivité et préservation des sols

En Europe, la logique est assez particulière. Le continent est plutôt dans une logique d’amélioration de la productivité, de gain de temps et d’économie d’énergie. En effet, en ne pratiquant pas de labour, ils peuvent faire des économies sur les frais de carburant et de maintenance du matériel agricole.

Le semis direct permet par exemple de réaliser 35 à 60 % d’économie sur les coûts de carburant par rapport au labour. Ce sont près de 1950€ d’économies pour une exploitation de 200 hectares selon la Fédération Européenne de l’Agriculture de Conservation (ECAF).

La lutte contre l’érosion, même si elle est apparemment secondaire dans les motivations reste tout de même un problème sérieux pour le secteur agricole européen. On estime qu’en France, elle concerne 18% du territoire métropolitain (12% des sols européens). 40% du territoire présente une forte sensibilité à l’érosion. On assiste très souvent (notamment sur le territoire breton, mais aussi dans le sud-ouest ou à l’occasion d’orages violents) à des coulées de boues.

Erosion agriculture de conservation

Aléa érosif des sols par petite région agricole, déterminé à l’aide du modèle Mesales, qui combine plusieurs caractéristiques du sol (sensibilité à la battance et à l’érodibilité), du terrain (type d’occupation du sol, pente) et climatiques (intensité et hauteur des précipitations). Source : Gis Sol – Inra – SOeS, 2010

L’agriculture de conservation peut être avantageuse, même si elle ne règle pas forcément tous les problèmes.

Adventices et herbicides contre l’agriculture de conservation

L’un des sujets qui revient le plus souvent est la gestion des adventices. Le fait de ne pas utiliser la charrue favorise la naissance et le développement de plantes dans des endroits où l’on ne voudrait pas forcément les voir (les chiendents par exemple). Même si elles ne sont pas toujours fortement envahissantes, elles peuvent à moyen terme utiliser les ressources destinées aux cultures. L’utilisation des herbicides pourrait être une solution. Toutefois, certaines plantes comme la carotte sauvage ou encore la folle avoine ou le ray grass ont développé de nombreuses résistances aux herbicides.

Faut-il abandonner cette solution pour autant ?

Comme toutes les méthodes, l’agriculture de conservation a ses contraintes mais aussi ses points forts :

  • La couverture des sols, en étant maîtrisée, résout presque totalement le problème des adventices et joue un rôle crucial sur l’érosion. Elle limite également les transferts à l’eau, source de pertes économique et de pollution.
  • Le respect de l’organisation du sol (non labour), permet au biotope de s’équilibrer dans le temps et ainsi d’offrir de vrais « services écologiques». C’est-à-dire des symbiotes pour les plantes, du labour par les vers de terre et un écosystème plus résistant, y compris aux intrus tels que les pathogènes ou les insectes.
  • Les rotations sont cohérentes avec le biotope. Elles ne sont pas seulement diversifiées ou allongées, mais « réfléchies » en fonction du contexte pédo-climatique et des cultures les plus rémunératrices.

Car en plus des économies, il faut des gains économiques.

Taupin sur pomme de terre ? Les moyens de lutte - Vidéo

 

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