Le flétrissement du chêne est une maladie vasculaire touchant toutes les espèces de chênes (Quercus spp.). D’origine fongique, cette maladie résulte de l’action d’un champignon envahissant, Bretziella fagacearum, entraînant le déclin et la mort des arbres, peu importe leur état de santé initial. La maladie est présente aux États‑Unis depuis au moins les années 1940 et a été détectée pour la première fois au Canada en 2023.

Après l’infection par le champignon responsable du flétrissement du chêne, le développement se poursuit à l’intérieur des tissus vasculaires jusqu’à leur obstruction. Le transport de l’eau et des nutriments entre les racines et la cime devient alors impossible, provoquant le dépérissement progressif de l’arbre et, à terme, sa mort.

À l’été 2023, trois foyers de flétrissement du chêne ont été signalés en Ontario.

Le premier foyer a été repéré dans la ville de Niagara Falls. L’abattage des arbres atteints a été effectué sur place, accompagné d’une surveillance soutenue afin de détecter toute contamination supplémentaire. Un deuxième foyer a été identifié dans la municipalité de Springwater, près de Barrie. Le troisième se situe dans la ville de Niagara‑on‑the‑Lake. Des restrictions concernant le déplacement du bois et des matériaux à risque demeurent en vigueur dans ces trois secteurs afin de freiner la propagation de la maladie.

Signes et symptômes

Brunissement foliaire, chute prématurée des feuilles partiellement vertes ou bronzées, présence d’un tapis de spores sous l’écorce, fissures verticales et odeur sucrée et fruitée émise par le tapis de spores.

Diagnostic des symptômes

Les arbres infectés par le flétrissement du chêne présentent généralement un bronzage des feuilles et une chute prématurée du feuillage, en commençant par la partie supérieure de la cime. Les feuilles brunissent d’abord à la pointe, puis la décoloration progresse vers la base de la feuille. Les feuilles peuvent tomber alors qu’elles sont encore partiellement vertes, parfois dès le mois de juin.
Les arbres morts à la suite du flétrissement du chêne développent un tapis de spores sous l’écorce, lequel forme des coussins de pression qui poussent contre l’écorce et provoquent des fissures verticales. Ce tapis de spores dégage également une odeur sucrée et fruitée, parfois comparée à celle de la gomme Juicy Fruit.

Le flétrissement du chêne se propage principalement de deux façons :

  • La propagation aérienne survient lorsque de petits coléoptères saprophages (Nitidulidae) transportent des spores provenant des tapis de spores d’un arbre infecté vers un arbre sain par l’entremise d’ouvertures dans l’écorce. Ces ouvertures peuvent inclure des blessures de taille, des fissures ou des trous causés par des pics. Une fois que les spores fongiques ont pénétré dans le nouvel arbre hôte, le champignon se développe dans les tissus vasculaires. Il n’existe aucune preuve indiquant que le flétrissement du chêne se propage par les glands.
  • La propagation souterraine se produit lorsque les racines d’arbres voisins fusionnent. Ces greffes racinaires permettent aux arbres d’échanger des nutriments, mais elles offrent également une voie de transmission au champignon, qui peut ainsi se déplacer d’un arbre infecté vers un arbre sain.

Les arbres du groupe des chênes rouges (chêne rouge, chêne noir, chêne à gros fruits, etc.) succombent rapidement à la maladie, mourant souvent en une seule saison, parfois en quelques semaines seulement après l’infection.

Les arbres du groupe des chênes blancs (chêne blanc, chêne blanc des marais, chêne à gros fruits, etc.) peuvent vivre pendant plusieurs années avec la maladie, leur dépérissement étant plus lent. Certains arbres de ce groupe finiront par mourir, tandis que d’autres pourront se rétablir.

Certaines variétés de pommiers, de châtaigniers américains et européens, certaines espèces de chinkapins ainsi que le tanoak ont démontré une sensibilité à Bretziella fagacearum à la suite d’inoculations artificielles.

Stratégie de traitement

À l’heure actuelle, aucun traitement chimique n’est homologué au Canada pour le flétrissement du chêne. Le propiconazole, un fongistatique, est utilisé aux États-Unis pour atténuer les impacts de la maladie. Ce produit ne guérit pas un arbre atteint du flétrissement du chêne et n’empêche pas la propagation du champignon à travers le système racinaire. Il est donc généralement réservé à certains arbres de grande valeur et utilisé en combinaison avec d’autres mesures de lutte, telles que la rupture des greffes racinaires ou l’excavation de la plaque racinaire. Aux États-Unis, la perturbation des greffes racinaires constitue la stratégie de lutte la plus couramment utilisée.

Les chênes ne devraient pas être taillés, sauf en cas de nécessité absolue, entre avril et novembre, période durant laquelle le risque de transmission des spores par les coléoptères est élevé. Si une taille est requise pour des raisons de sécurité ou en situation d’urgence, une peinture protectrice devrait être appliquée sur les plaies afin d’éviter d’attirer les coléoptères vers les blessures fraîches.

Brûlez le bois de chauffage là où vous l’achetez. Le bois de chauffage peut abriter divers insectes nuisibles et agents pathogènes, et son transport sur de longues distances peut introduire des espèces envahissantes comme le flétrissement du chêne dans de nouvelles régions.

Les chênes devraient être surveillés à la fin du printemps et tout au long de l’été afin de détecter tout signe de flétrissement du chêne. La détection précoce et une intervention rapide sont essentielles pour prévenir la propagation de ravageurs et de maladies comme le flétrissement du chêne.

Oui. Il existe plusieurs espèces indigènes de chênes en Ontario, et il demeure judicieux d’inclure les chênes, avec d’autres espèces, dans des programmes de plantation diversifiés. Les chênes peuvent vivre longtemps et fournir d’importants services écosystémiques tout au long de leur vie. Bien que le flétrissement du chêne soit une maladie grave, il se propage généralement lentement et il existe des outils de gestion permettant d’en contrôler la propagation.
À l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve indiquant que les glands puissent transmettre le flétrissement du chêne.

Au Canada, tout cas suspect de flétrissement du chêne doit être signalé immédiatement à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Le signalement peut être effectué en ligne ou par courriel à l’ACIA à l’adresse suivante :

[email protected]

Notez l’adresse et prenez des photos des feuilles et de l’ensemble de la cime. NE PRÉLEVEZ AUCUN ÉCHANTILLON.

Flétrissement du chêne dans les boisés : que pouvons-nous faire? (en anglais)

Informez‑vous sur les mesures de préparation, de prévention et de gestion du flétrissement du chêne à l’intention des propriétaires de boisés. Cette maladie vasculaire des chênes a récemment été détectée en Ontario. D’origine fongique et envahissante, elle entraîne la mort des arbres en perturbant le transport de l’eau et des nutriments. La mortalité peut survenir dès l’année suivant l’infection.